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Pleins feux sur la polyarthrite rhumatoïde

Plus d'une centaine de formes d'arthrite affectent au-dessus de 4 millions de Canadiens. Bien que certaines soient très rares, d'autres sont très répandues. De même, certaines formes présentent des symptômes plutôt bénins alors que d'autres peuvent être très douloureux, incapacitants et même mortels.

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une affection auto-immune présentant une panoplie de symptômes inflammatoires, accompagnés de douleur. Le processus de la maladie (comme le cancer ou le diabète) consiste en l'attaque par le système immunitaire des articulations saines. La maladie est relativement fréquente, environ 300 000 Canadiens ou 1 personne sur 100, et peut être dévastatrice lorsque le traitement n'est pas approprié. La maladie se manifeste par de l'enflure et des douleurs articulaires et affecte généralement les mains et les pieds, bien qu'elle puisse s'attaquer également aux yeux, aux poumons et au cœur. D'autres articulations peuvent être touchées comme les coudes, épaules, cou, mâchoire, chevilles et hanches. Dans ses formes de modérée à grave, la maladie peut réduire l'espérance de vie d'une douzaine d'années.

Fait particulier, les femmes sont plus touchées par la PR (2 cas sur 3) et comme plusieurs formes d'arthrite inflammatoire, elle frappe habituellement les personnes au seuil de leur vie active. Bien que la maladie puisse se déclarer chez les bambins comme chez les aînés, elle se déclare généralement entre 20 et 50 ans.

Diagnostiquer la polyarthrite rhumatoïde

Plusieurs signes avant-coureurs peuvent se manifester au début de la maladie. Parmi ces signes :
  • Raideur matinale durant plus de 30 minutes
  • Douleurs et (ou) inflammation dans les mêmes articulations, des deux côtés du corps
  • Douleurs dans trois articulations et plus en même temps
  • Perte de mobilité des articulations affectées
  • Grande fatigue

Si vous souffrez de deux de ces symptômes ou plus, vous devriez en informer votre médecin. Assurez-vous de mentionner tout cas similaire dans votre famille. Bien que la cause exacte de la PR demeure inconnue, la recherche a indiqué un rôle important de l'hérédité.

Si votre médecin soupçonne la présence de PR, il vous référera probablement à un rhumatologue, spécialiste du traitement de l'arthrite. Les rhumatologues ont ajouté plusieurs années à leur formation pour devenir des experts du diagnostic et du traitement de toutes les formes d'arthrite, y compris la PR.

Pour confirmer ce diagnostic, le médecin peut vous faire subir un certain nombre de tests :
  • analyses sanguines, dont celles visant un niveau anormal d'anticorps, la numération globulaire et la fonction hépatique
  • radiographies pour identifier les dommages aux articulations ou leur détérioration
  • scinthigraphie osseuse (scan des os). Peu utilisée, elle peut toutefois aider à identifier l'inflammation d'articulations
  • analyse du liquide synovial ou arthrocentèse, par laquelle une petite quantité du liquide articulaire est prélevé pour analyse

Traiter la polyarthrite rhumatoïde

Lorsque le rhumatologue a confirmé le diagnostic, plusieurs traitements efficaces peuvent en gérer les symptômes et minimiser les dommages aux articulations. Bien que la PR soit incurable, plusieurs traitements sont disponibles et le rhumatologue est votre meilleur conseiller en la matière. Discutez avec lui pour établir un plan de traitement qui s'attaquera à tous les aspects de la maladie.

Un traitement précoce et agressif de la PR est d'une importance capitale pour la prévention des dommages aux articulations. Les spécialistes recommandent aujourd'hui un plan de traitement alliant éducation, médicaments (et même plusieurs médicaments de types différents jumelés), soutien social, exercices d'amplitude de mouvement, de cardio et de renforcement des muscles, repos, vitamines, minéraux et diète équilibrée.

En plus de s'informer soi-même sur la PR, les médicaments constituent la pierre angulaire de tout plan de traitement. Cinq classes de médicaments reviennent inévitablement dans le traitement de la PR :
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), dont l'ibuprofène (Advil® ou Motrin IB®), le naproxène (Naprosyn®), le diclofénac (Voltaren® et Arthrotec®)
  • Les inhibiteurs spécifiques de la COX2, dont la célécoxib (Celebrex®)
  • Les corticostéroïdes, comme la prednisone
  • Les anti-arthritiques rhumatoïdes, modificateurs de l'évolution de la maladie (DMARD) comme la méthotrexate, la sulfasalazine, l'hydroxychloroquine, la leflunomide et l'azathioprine
  • Les modificateurs de la réponse biologique (ou " MRB "), dont l'abatecpt (Orencia®), l'adalimumab (Humira®), l'anakinra (Kineret®), l'étanercept (Enbrel®), l'infliximab (Remicade®) et le rituximab (Rituxan®), qui tous ont été approuvés au Canada pour le traitement de la PR.

Ces médicaments peuvent agir seuls ou le plus souvent en combinaison avec d'autres. Aujourd'hui, la " règle d'or " du traitement de la PR prend la forme suivante :

Étape 1 :
Une personne ayant reçu récemment un diagnostic de PR de modérée à grave se voit généralement prescrire en début de traitement de la méthotrexate possiblement jumelée à un ou deux médicaments de la classe des DMARD comme la sulfasalazine et l'hydroxychloroquine (triple thérapie). En attendant le plein effet de cette triple thérapie, le patient se verra recommander un AINS ou un inhibiteur de la COX2 ou, dans certains cas, de la prednisone pour réduire rapidement l'inflammation.

Étape 2 :
En cas de non réponse ou de réponse non satisfaisante à cette triple thérapie (mauvaise gestion de l'inflammation, par ex.), la personne pourrait être un bon candidat aux modificateurs de la réponse biologique (un seul à la fois). Ce MRB est généralement jumelé à la méthotrexate.

Cette approche est similaire à celle utilisée dans le traitement du cancer. Dans le traitement du cancer, une thérapie médicamenteuse agressive est utilisée pour stopper ou réduire la taille des tumeurs ou lésions. Dans le cas de la PR, une thérapie précoce et agressive est utilisée pour stopper ou réduire significativement l'inflammation, équivalente à la tumeur cancéreuse.

Parce que le risque de souffrir de dommages articulaires irréparables entraînés par les symptômes de la maladie est très élevé chez les personnes atteintes de PR active, modérée ou grave, le respect de leur plan de traitement est essentiel. Leur plan de traitement peut aider à prévenir et à réduire les dommages articulaires et l'incapacité qui s'en suit, améliorant ainsi leur qualité de vie.

L'exercice est une composante importante de tout plan de traitement efficace de la PR. Des exercices d'étirement et de renforcement des muscles autour des articulations contribuent à maintenir la force et la souplesse des muscles et tendons des articulations et s'avèrent efficaces dans le soulagement de la douleur et le maintien de la mobilité. De plus, pratiquer l'aérobie d'une façon modérée peut aider au maintien d'un poids santé, et ce faisant, à réduire le stress sur les articulations. Bien que souvent recommandés, la natation, la marche et le vélo doivent être pratiqués à un niveau ne mettant pas en péril la capacité " aérobique " de la personne arthritique. Un physiothérapeute, formé en fonction de la PR, est la personne idéale à consulter pour un programme d'exercices sécuritaire et efficace.

L'application de chaleur ou de froid peut atténuer la douleur et la raideur musculaires. Les douches chaudes font merveille pour les muscles endoloris et la douleur alors que les compresses froides (comme les sacs glacés) appliquées sur les articulations enflées diminuent la douleur, l'inflammation et la fièvre et permettent à la personne de compléter une routine d'exercices plus librement et de récupérer plus rapidement.

Comme dans toutes les formes d'arthrite, maintenir un mode de vie sain constitue un élément vital du plan de traitement de la PR. Un régime bien équilibré, contenant un apport approprié de calcium, de vitamines D et d'acide folique est important. La gestion du stress, des périodes de repos satisfaisantes et la bonne vieille relaxation en pantoufles vous mèneront vers une meilleure qualité de vie.