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Pleins feux sur la spondylarthrite ankylosante

La spondylarthrite ankylosante (SA) est l'une des formes les plus répandues d'arthrite inflammatoire et qui affecte d'après les estimations jusqu'à une personne sur 200.

S'attaquant plus spécifiquement à la colonne vertébrale, la SA peut également affecter les hanches, les genoux, les épaules et la cage thoracique. Son symptôme le plus fréquent est le mal de dos chronique accompagné de raideur de la colonne vertébrale surtout le matin ou après une longue période au repos (raison principale de sa confusion avec la " lombalgie " ordinaire).

Contrairement à plusieurs autres types d'arthrite affectant en majorité les femmes, trois personnes sur quatre recevant un diagnostic de SA sont des hommes. La SA peut frapper à tous âges, mais elle a tendance à affecter les personnes dans la fleur de l'âge et se déclare fréquemment entre 15 et 40 ans. Bien qu'il n'existe aucune guérison pour le moment, on peut traiter la SA. Avec des soins appropriés, les personnes ayant reçues un diagnostic de SA peuvent quand même mener une vie active.

Poser un diagnostic de SA

Plusieurs personnes affectées par la SA ont souvent des parents atteints de la maladie. Les antécédents familiaux sont donc à considérer parmi les facteurs de risque. Lorsqu'une personne développe des symptômes de la maladie, il est essentiel que son médecin de famille et son rhumatologue soient avertis des antécédents familiaux de SA.

Des tests sanguins peuvent déterminer la présence d'inflammation et identifier certains indicateurs spécifiques aggravant les risques génétiques de développer la SA. Des radiographies peuvent être réalisées, bien que les signes de SA soient peu visibles, à moins que la maladie n'ait évolué au point d'avoir déjà endommagé les articulations. Voilà pourquoi les facteurs suivants seront scrutés avant de poser un diagnostic de SA : l'endroit du corps affecté par la raideur, les facteurs déclencheurs de douleur et le moment de la journée où celle-ci atteint son maximum.

Comme c'est le cas pour la plupart des formes d'arthrite inflammatoire, le diagnostic et le traitement précoces de la SA sont des facteurs-clés dans la prévention de l'incapacité et de la déformation; si l'inflammation associée à la SA n'est pas rapidement traitée, elle peut entraîner des modifications de la colonne causant une perte de mobilité et la limitation des mouvements. Dans le cas des hanches, le dommage peut mener à une chirurgie de remplacement total.

Traiter la spondylarthrite ankylosante

Si votre médecin soupçonne la présence de spondylarthrite ankylosante, il vous référera fort probablement à un rhumatologue, spécialiste du traitement de l'arthrite. Les rhumatologues ont ajouté plusieurs années à leur formation médicale pour devenir des experts dans l'identification de toutes les formes d'arthrite, dont la spondylarthrite ankylosante, et leur traitement.

Lorsque le rhumatologue a établi un diagnostic de spondylarthrite ankylosante, plusieurs médicaments efficaces sont disponibles pour vous aider à gérer les symptômes et réduire les dommages aux articulations. Aucun traitement connu ne peut guérir la spondylarthrite ankylosante. Par contre, plusieurs traitements efficaces existent et le rhumatologue est le professionnel le mieux placé pour discuter avec vous d'un plan de traitement efficace, qui couvrira tous les aspects de la maladie.

Des lignes directrices ont récemment été établies pour la gestion de cette maladie. On y mentionne plusieurs classes de médicaments telles que :
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l'ibuprofène (Advil® ou Motrin IB®), le naproxène (Naprosyn®) et le diclofénac (Voltaren®).
  • Inhibiteurs de la Cox2, comme le célécoxib (Celebrex®).
  • Des injections de glucocorticoïde (parfois appelé " cortisone ") directement au site de l'inflammation. Contrairement aux autres formes d'arthrite, l'efficacité des glucocorticoïdes en comprimé comme la prednisone ou autre " corticostéroïde général " n'a pas encore été démontrée en cas d'atteinte de la colonne vertébrale.
  • De même, l'efficacité des anti-rhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) traditionnels, utilisés dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, n'a pas été démontrée en cas d'atteinte de la colonne vertébrale. On parle ici de la méthotrexate, de la sulfasalazine, de l'hydroxychloroquine, de la leflunomide et de l'azathioprine. Toutefois, la sulfasalazine peut être utilisée chez les patients souffrant de spondylarthrite ankylosante avec atteinte périphérique (dans les grosses articulations comme les coudes, les poignets, les genoux et les chevilles).
  • Les DMARD (ou " biologiques "), en particulier l'adalimumab (Humira®), l'étanercept (Enbrel®) et l'infliximab (Remicade ®), ont reçu l'approbation au Canada pour le traitement de la spondylarthrite ankylosante et son atteinte inflammatoire autant de la colonne vertébrale qu'en périphérie.

Utilisés seuls, ou plus fréquemment en association, ces médicaments peuvent soulager la douleur et gérer les symptômes associés à la spondylarthrite ankylosante.

En plus du traitement pharmacologique, les lignes directrices pour la gestion de la spondylarthrite ankylosante indiquent également des approches non médicamenteuses essentielles. Par exemple, le plan de traitement de la maladie comprendra la sensibilisation et l'information du patient, de même que de l'exercice physique et de la physiothérapie afin de maintenir la souplesse et l'amplitude maximale des mouvements et de développer un bon maintien. L'abandon du tabac, un régime alimentaire équilibré et le maintien d'un poids santé sont des éléments essentiels d'une bonne gestion de la spondylarthrite ankylosante et de toute autre forme d'arthrite.